Sans précautions particulières, la durée de vie moyenne d’une bande magnétique est de 10 à 30 ans et, comme le format VHS existe depuis 40 ans, si ce n’est pas encore le cas, un grand nombre de supports  atteindra bientôt la fin de sa durée de vie.

Vos cassettes ne peuvent pas être entreposées indéfiniment en attendant une récupération future de l’information qu’elles contiennent. C’est donc idéalement maintenant qu’il faudrait extraire le contenu des vieilles bandes magnétiques et le transférer vers un nouveau format vidéo, pendant que cela est encore possible.

Plus le temps passe, plus le risque de détérioration des bandes augmente, ce qui complique leur lecture et augmente le coût de transfert du contenu en raison des problèmes à surmonter pour pouvoir le lire correctement. 

QUELQUES CONSEILS UTILES POUR LA BONNE CONSERVATION DES BANDES

Les rayonnements magnétiques

Graves sont les effets des champs magnétiques parasites qui peuvent accidentellement altérer la magnétisation des particules de la bande et provoquer une diminution du rapport signal/bruit ou des pertes d’informations.

Un enregistrement peut-être endommagé par la proximité même momentanée d’un haut-parleur, mais également par le rayonnement électro-magnétique des transformateurs présents dans les appareils électroniques. Une exposition très prolongée finira par détruire complètement les informations enregistrées sur la bande. Il faut donc éviter de poser une cassette sur une enceinte acoustique ou sur le coffret d’un magnétoscope. Tous ces appareils rayonnent à différents niveaux de puissance. Ce rayonnement diminue avec la distance entre la source et l’objet. 

La chaleur et l’humidité

Les bandes magnétiques redoutent autant les excès d’humidité que de sécheresse. 

La chaleur et l’humidité sont liées dans un processus de dégradation chimique des bandes magnétiques :

Sous l’effet d’une chaleur excessive, le support et le liant ont tendance à se ramollir et des altérations irréversibles peuvent se produire.

Un taux d’humidité dans l’air supérieur à 65% déclenchera l’apparition de moisissures.
Cette prolifération de champignons détruit la couche polymère du support magnétique qui devient illisible.
La chaleur et des changements brusques de température sont des facteurs qui accélèrent cette prolifération.

Un taux d’humidité relative proche de 50 % semble idéal pour la conservation des enregistrements sur bande magnétique. 

Une hygrométrie et une température stables et contrôlées seront donc les conditions idéales pour un stockage fiable et durable.

À l’abri de la poussière

Les poussières déposées sur la bande s’accumulent sur les têtes de lecture et agissent comme un écran. L’efficacité de la lecture en est réduite.
Un stockage dans un environnement sans fumées et sans poussières les préserve d’autant.La présence de poussières à la surface de la bande se traduit par des « drop-out » désagréables. Compte tenu de la vitesse de rotation du tambour de tête, les grains de poussière peuvent également avoir une action abrasive sur la couche magnétique elle-même et produire en surface des éraflures ou des micro-altérations irréversibles. La fumée de cigarette, par exemple, composée de particules très fines, n’a aucun mal à s’introduire insidieusement à l’intérieur même du boîtier de la cassette. Il faut donc replacer systématiquement les cassettes dans leur boîte protectrice après chaque utilisation. Un simple rebobinage peut parfois tenir lieu de nettoyage sommaire.

Les déformations de la bande et des bobines

La conception mécanique de la cassette joue également un rôle important puisqu’elle conditionne en partie la régularité de l’enroulement des spires. 

Les bobines en plastiques sont parfois victimes de déformations avec le temps ou la chaleur.
Un voilage de la bobine entraîne un mauvais défilement de la bande car son guidage n’est plus efficace. Il en résulte des frottements excessifs et une détérioration des bords de la bande. L’état de surface de cette dernière doit-être suffisamment régulier pour que le contact avec la tête magnétique soit optimal (un décollement, même infime, provoque des pertes d’informations), et la répartition des particules magnétiques homogène afin d’éviter les « drop-out », qui se traduisent par des zébrures rouges sur l’image. 

Le numérique, un remède contre les maux des bandes magnétiques analogiques

Toute dégradation de l’enregistrement magnétique affecte directement le signal restitué et provoque une diminution de la qualité de l’image et du son. Les enregistrements analogiques ne peuvent échapper à l’inexorable action du temps. Quoi que l’on fasse, on peut juste ralentir ce processus.

L’enregistrement numérique permet au contraire de s’affranchir en grande partie des problèmes de vieillissement du support. 

Le signal numérisé se résume en une suite de nombres, représentés en binaire par des 1 et 0, ou encore des niveaux de tensions correspondant respectivement à des niveaux hauts et des niveaux bas. Sous cette forme, le signal devient beaucoup plus robuste aux petites perturbations. De part ces deux états bien distincts, contrairement à l’analogique, le signal numérique présente l’avantage d’être facilement et fidèlement reproductible. Un signal peut être copié des milliers de fois et restera toujours conforme à l’original. 

Lors de la transmission du signal, l’information peut être contrôlée par des programmes de détections d’erreurs assurant une grande fiabilité au message (par exemple séquence de bits de détection d’erreur dans une trame TCP/IP).

Pour toutes ces raisons, il est impératif de numériser vos anciennes cassettes, avant qu’il ne soit trop tard !