Pour les utilisateurs de la langue de Molière que nous sommes, il existe une grande confusion dans le monde de l’image, concernant les termes employés pour désigner les caractéristiques d’affichage des écrans, qu’ils soient de télévisions, d’ordinateurs, de tablettes ou de smartphones. La faute sans doute aux traductions pas toujours correctes des termes employés à la base dans les pays anglo-saxons.

Vous pouvez faire aisément l’expérience. Le nombre de pixels affichés par un écran est défini en anglais par le terme « display resolution ». Problème, si vous utilisez par exemple Google traduction, « display resolution » donne « résolution d’affichage » en français. Alors même que, dans tous les logiciels de traitement de l’image, la notion de résolution ne concerne pas un nombre de pixels affichés par l’écran, mais une notion de densité de pixels sur une surface donnée ! En l’occurrence, il s’agit de PPI (Pixels Per Inch) ou PPP (Pixel Par Pouce en français). Rappelons que 1 pouce = 2,54 cm

Nous allons essayer de bien comprendre la nuance entre la définition d’une image et sa résolution.

Tout d’abord il faut se familiariser avec la notion de pixel. Le pixel étant le plus petit élément, carré ou rectangulaire de la dalle d’affichage d’un écran. En grossissant volontairement le trait afin que ce soit plus parlant visuellement, cela donnerait par exemple :

Dans cet exemple nous voyons bien que ces deux écrans de même dimension, n’ont pas du tout la même définition. L’image est beaucoup moins pixelisée sur l’écran de gauche, qui est mieux défini que celui de droite.

Il est donc admis que la définition d’un écran se traduit par le nombre de pixels dont sa dalle est pourvue, et ce, quelle que soit sa dimension.

Ce qui veut dire, que la définition n’a rien à voir avec la dimension de l’écran, exprimée elle, le plus souvent par sa diagonale en pouces.

Ne pas confondre non plus, diagonale et ratio d’un écran. Le format d’un écran représente le rapport ou ratio entre sa longueur et sa largeur. Les formats les plus répandus sont les suivants :

On comprend ainsi que, ce n’est pas parce que un écran est gigantesque que sa définition est plus grande qu’un écran de taille modeste. Dans l’absolu, ce serait souhaitable, mais absolument pas automatique. Pourquoi ? Disons déjà que, la difficulté dans la fabrication, réside d’avantage dans la miniaturisation des pixels, plutôt que dans la capacité d’un écran à en afficher un plus grand nombre.

La preuve, les téléviseurs de grande taille sont apparus en magasin en définition 8K, alors même qu’aucun caméscope n’était encore disponible à la vente dans cette définition. Sans parler des problèmes de débit qu’engendre la diffusion de chaînes télévisées à ce standard d’affichage, pour l’instant disponible uniquement sur quelques programmes sur une seule chaine au Japon. La commercialisation des disques lasers dans cette définition est encore moins à l’ordre du jour et ne le sera sans doute pas avant longtemps.

En France, les films sur DVD ont commencé à être commercialisés en 1998 et sont aujourd’hui toujours vendus 4 fois plus que les disques Blu-ray, pourtant bien meilleurs en qualité d’image. Ne parlons pas des disques UHD-4K dont la majorité des consommateurs lambda ne savent même pas de quoi il s’agit !

Nous pouvons avoir un très grand écran de 75 pouces de diagonale (190 cm) estampillé 4K UHD, affichant donc 3840 x 2160 pixels de définition, cette définition sera alors supérieure à son homologue Full HD qui se contentera de 1920 x 1080 pixels.

Si l’on compare deux écrans de dimensions identiques mais avec une quantité de pixels différente, celui qui affiche le plus de pixels aura la meilleure résolution. En simplifiant à l’extrême, plus le pixel d’un écran est petit, meilleure est sa résolution.

Maintenant si l’on compare deux écrans 4K de tailles différentes, par exemple un 75 pouces et un 55  pouces, leur définition sera identique, en revanche la résolution sera meilleure sur le plus petit des deux. Cela s’explique par le fait que les pixels seront forcément plus fins sur une surface totale d’affichage plus petite sur le 55 pouces que sur le 75 pouces.

A ce petit jeu, le champion du monde de la meilleure résolution d’écran toutes catégories confondues, est notre cher smartphone.

En effet, en prenant comme exemple l’un des meilleurs écrans de smartphones actuel, le Sony Xperia 1, celui-ci annonce fièrement une définition de 3840 x 1644 pixels sur 6,5 pouces, soit une résolution astronomique de 642 ppp alors que celle d’un téléviseur de 55 pouces est de 80 ppp en 4K et seulement 40 ppp en Full HD.

On peut aisément mesurer le chemin parcouru en seulement 20 ans, en matière d’affichage, car si l’on prend l’appareil qui recèle le plus de concentré de technologie dans le domaine de l’image, c’est bien notre bien aimé smartphone, qui, partant d’un téléphone mobile, est progressivement devenu un photophone, ce qui a boosté sa capacité à traiter les photos.

Souvenons-nous du Siemens S10, tout premier téléphone mobile à intégrer un écran capable d’afficher de la couleur (seulement 4 : rouge, vert, bleu et blanc sur fond verdâtre ; fichtre!) avec son écran de 1,5 pouces, il avait alors une définition de 97 x 54 pixels sur 6 lignes, c’est à dire 1200 fois moins de pixels que nos smartphones actuels, et avec ses 50 ppp avait une résolution 12 fois moins bonne.

En ce qui concerne le nombre de couleurs affichées par un écran, nous traiterons le sujet dans un prochain article, vu que le procédé HDR apporte une amélioration considérable à la qualité de l’image, il faut bien assimiler son fonctionnement.

En résumé, plus un écran est grand, plus il est important d’avoir une définition élevée, et plus un écran est petit, plus vous devez vous approcher pour le voir, donc sa résolution doit être la plus grande possible, pour obtenir un affichage fin et détaillé. Si votre écran combine les deux, définition et résolution maximales, alors c’est le nirvana, comme les nouveaux écrans de télévision 8K, réservés pour l’instant aux plus fortunés d’entre nous…