Qu’est-ce que la Hi-Res Audio ? 

Bien qu’il fût un temps où la portabilité du mp3 et la grande qualité audio du CD étaient perçues comme inégalables, il existe aujourd’hui des formats audio capables d’offrir le meilleur des deux mondes, et ceci même sur votre smartphone.

La Hi-Res Audio utilise un taux d’échantillonnage supérieur à celui du CD ou du mp3 pour l’encodage et la lecture de musique. Un taux d’échantillonnage plus élevé signifie qu’un nombre plus important d’échantillons ont été prélevés en une seconde au moment de convertir le fichier analogique original en format numérique.
Les fichiers Hi-Res Audio présentent une fréquence d’échantillonnage de 96 kHz en 24 bits, au minimum, une valeur bien plus élevée que celle des CD qui s’élève à 44,1 kHz / 16 bits.

En quoi l’expérience audio est-elle différente ?

La Hi-Res Audio vous permet de percevoir les moindres détails et les nuances qu’il est possible d’entendre dans un studio d’enregistrement.
Par ailleurs, quand on convertit des fichiers analogiques en format numérique comme le CD ou le mp3, le procédé peut compromettre la pureté du signal original. La Hi-Res Audio redonne vie à vos chansons préférées en conservant davantage de données au moment de passer de l’analogique au numérique.

Comparaison entre la Hi-Res Audio et les formats CD et MP3

Si l’on compare le débit binaire, c’est-à-dire la quantité de données transférées en une seconde, la Hi-Res Audio est presque sept fois plus performante que les CD, avec 9 216 Kbits/s contre 1 411 Kbits/s, et presque 29 fois supérieure au MP3 qui offre seulement 320 Kbits/s. Plus le débit binaire est élevé, plus la mesure du signal est précise.

Le débit binaire a un impact direct sur la qualité audio. Lorsqu’un enregistrement original est compressé au format MP3, un grand nombre d’informations est perdu. Un débit plus faible pourrait se traduire par une plus faible restitution des basses ou des cymbales de la batterie, ou encore altérer l’attaque et les cordes pincées de la guitare. Une variété de détails auxquels les artistes et ingénieurs du son ont pensé lors de l’enregistrement sont altérés voire disparaissent totalement dans un fichier mp3.

La Hi-Res Audio a un tout autre effet. Vous pouvez écouter vos enregistrements préférés des centaines de fois et découvrir à chaque lecture des détails que vous n’avez jamais entendus auparavant. Les formats Hi-Res Audio sont en effet compressés de façon à ce qu’aucune donnée audio ne soit perdue. Tout le monde y gagne puisque les fichiers haute résolution, qui délivrent un son de haute qualité, sont également moins lourds.

Il n’y a aucun doute sur le fait que le son d’un CD est bien meilleur qu’un fichier mp3. L’inconvénient majeur du CD est son manque de portabilité. De plus, passer en revue toute sa collection de CD avant de trouver la chanson que l’on veut écouter peut vite devenir énervant. La Hi-Res Audio offre à la fois une qualité audio et un aspect pratique.

Nous vous recommandons d’opter pour le format de stockage lossless (sans perte) le plus ouvert possible, en l’occurrence le format FLAC.

FLAC (Free Lossless Audio Codec)

Il n’a que des avantages. Tout d’abord, c’est un format open source et libre de droit, dont l’utilisation est totalement gratuite. De ce fait, de nombreux lecteurs multimédia, amplificateurs home-cinéma, chaînes Hi-Fi réseau et même téléviseurs le supportent nativement. C’est LE format audio universel.

Lossless signifie sans perte en anglais, ce qui implique que le flux audio restitué est rigoureusement identique à l’original. Une compression non destructrice est appliquée (comme pour une archive ZIP en quelque sorte) afin de préserver l’espace disque. Le rapport de compression varie de 4:1 à 3:1 selon la complexité du signal et le taux de compression défini par l’utilisateur (8 paliers). Un CD-Audio converti dans ce format pèse entre 300 et 500 Mo. Le format FLAC peut contenir jusqu’à 8 canaux et est compatible avec de très hautes définitions : 32 bits et 655 kHz.

C’est actuellement le format audio roi, utilisé pour la distribution des fichiers musicaux de qualité Studio (24/192), chez Qobuz par exemple. Il ne nécessite par ailleurs que peu de ressources matérielles lors de la lecture et contient des informations permettant l’application optionnelle d’un Replay Gain (normalisation avec loudness) avec les applications compatibles. Chaque fichier FLAC contient un Tag, soit une balise contenant les informations concernant la musique : illustration, artiste, numéro de piste, etc.

ALAC (Apple Lossless Audio Codec)

Aussi connu sous le nom de « Apple Lossless », c’est un format de codage sans perte de données, créé en 2004 par Apple. Ce n’est plus un format propriétaire depuis fin Octobre 2011. Comme tous les formats sans perte, il peut compresser les fichiers sans aucune forme de dégradation. Il possède globalement toutes les qualités du FLAC.

Cependant, au regard de son concurrent, ALAC possède une efficacité de compression moindre, car il a été développé pour des appareils moins puissants que les ordinateurs de bureaux (par exemple pour des baladeurs, l’iPod en particulier). Il est aussi plus lent et plus volumineux que la plupart des formats sans perte. Ce format sera préféré au FLAC uniquement si vous comptez gérer vos musiques avec iTunes ou les écouter avec des appareils Apple anciens, non-compatibles avec le FLAC.

MP3 (Mpeg Layer 3)

C’est le format avec compression destructrice le plus connu et le plus largement supporté. Les informations considérées comme peu audibles sont tout simplement supprimées. La puissance de cette détérioration varie selon le taux de compression appliqué, de 4:1 (320 Kbits/sec, qualité maximale) à 12:1 environ (128 Kbits/sec, qualité « radio web »). Un CD-Audio de 80 minutes converti au format MP3 n’occupe ainsi que 70 à 200 Mo.

Le format MP3 est idéal pour stocker une grande quantité de musiques dans la mémoire d’un smartphone ou d’une tablette, qu’il s’agisse d’un périphérique fonctionnant avec iOS, Android, Windows Mobile ou Bada. Dans l’absolu nous vous déconseillons d’extraire vos CD-Audio directement au format MP3. En revanche, une conversion à postériori, à partir de fichiers FLAC ou Apple Lossless est parfaitement envisageable.

AAC (Advanced Audio Coding)

Ce format avec compression destructrice apporte un surcroît de définition par rapport au MP3, à taux de compression identique. Développé par Dolby, porté par Apple qui l’utilise pour la distribution de la musique sur l’iTunes Store, l’AAC est également utilisé par Youtube dans ses vidéos. L’extension du format AAC est .AAC, toutefois Apple utilise le conteneur .M4A pour ses fichiers vendus sur iTunes.

WAV (Waveform Audio File Format)

Le format WAV est l’un des plus anciens formats audio. Il demeure aujourd’hui encore le format de prédilection en production musicale et audiovisuelle car il peut facilement s’adapter aux contraintes des logiciels d’enregistrement et d’édition. Il est largement employé comme format d’enregistrement.

La taille de ce fichier dépend de la fréquence d’échantillonnage, du type de son (mono ou stéréo) et du nombre de bits utilisés pour la quantification(8, 16 ou 24 bits).

Avantages : C’est un format incontournable, puisque c’est dans ce format que l’on extrait ou que l’on lit les morceaux d’un CD sous Windows, il ne détériore pas la qualité extraite des CD et est reconnu par la totalité des lecteurs.

Inconvénients : WAV est un format ancien, relativement lourd (une minute de son WAV formaté nécessite une place d’environ 10 Mo), restrictif et peu pratique. Pour ajouter à cela, il ne possède aucune optimisation de l’espace, une seconde de silence prend autant de place qu’une seconde de musique. Pour finir, le WAV ne gère pas les métadonnées pourtant utiles pour avoir le nom de l’artiste, le nom de l’album mais aussi la pochette de celui-ci.

DSD (Direct Stream Digital)

Le DSD est un format audio numérique inventé par Philips et Sony en 1999 et utilisé actuellement sur les Super Audio CD (SACD). Réputé être le nirvana en terme de musicalité, le DSD a été mis au point pour corriger les défauts de la norme CD-Audio, notamment la dureté, froideur, manque de naturel qui incombe aux 44100 échantillons/sec, car en pratique la réponse en fréquence permise après décodage ne peut être qu’égale à la moitié des échantillons, soit 22 050 Hz.

Au-delà sont codées des informations numériques non pertinentes qu’il ne faut pas décoder, ou tout du moins masquer le plus possible. On utilise ainsi des filtres à pente très raide immédiatement après 20 000 Hz. Résultat, les fréquences harmoniques pourtant essentielles sont tout simplement détruites, au détriment de la musicalité. Si les concepteurs ont estimé que 44100 prélèvements par seconde étaient suffisants en 1980, c’est surtout par contrainte technique.

Avec cette résolution, un CD-Audio peut contenir 80 minutes de musique. Un doublement de l’échantillonnage aurait divisé par deux cette capacité, sans compter que les décodeurs capables de traiter plus de données auraient été proposés à des prix exorbitants à cette époque.
Conscients du problème, Philips et Sony ont donc revu leur copie en 1999 en proposant le SACD et une nouvelle méthode de conversion basée sur la technologie Delta Sigma, plutôt que PCM.

Première différence : l’échantillonnage est 64 fois plus fréquent que pour le CD-Audio, avec 2,8 millions de prélèvements par seconde du signal analogique électrique.

Seconde différence : le codage de chaque échantillon est réalisé sur 1 bit.

Tout comme pour le CD-Audio, les données numérisées ne sont pas toutes utiles et celles jugées non pertinentes sont « rejetées » en fin de bande passante, mais sans nécessité d’un filtre à pente raide pour les éliminer lors du décodage. Conséquence : les harmoniques ne sont pas détruites et la musique présente un naturel tout à fait exceptionnel. Un flux stéréo au format DSD dispose de caractéristiques techniques excellentes : réponse en fréquence jusqu’à 50 kHz et rapport signal/bruit dépassant les 120 dB.

Malgré cette supériorité technologique, le SACD n’a pas eu le succès mérité, la faute à la dématérialisation galopante de la musique, distribuée directement depuis Internet sous forme de fichiers ultra-compressés (MP3, AAC). Toutefois, le format DSD n’est pas mort… loin s’en faut.

À l’origine, il avait recours à un taux d’échantillonnage de 2 822 MHz, un format connu sous le nom DSD64 (64 fois l’échantillonnage du CD), mais récemment des taux d’échantillonnage encore plus élevés ont été développés, les DSD128 et DSD265. Il existe même un format DSD512 utilisé actuellement dans certains studios d’enregistrement.